Monuments – Mac Mahon

Mac Mahon résident illustre

Arrosée par le Loing et le Canal de Briare, ce bourg a abrité en son temps Marie Edme Patrice Maurice, comte de Mac Mahon (né le 13 juillet 1808 au château de Sully (Saône-et-Loire) près d’Autun), duc de Magenta, maréchal de France, et troisième président de la République française, du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879. Il est mort le 17 octobre 1893 au château de la Forest, à Montcresson.

 » Si une cérémonie nationale fut célébrée aux Invalides, c’est dans la petite église de Montcresson qu’eurent lieu ses obsèques. Le Maréchal avait acquis par mariage cette propriété du Château de la Forest, où il se retirait très souvent après avoir démissionné de la présidence de la république en 1879. Avant Deschanel le Gâtinais se spécialisait déjà dans les présidents souvent moqués (voir plus bas les mots du Maréchal) L’histoire a retenu ces formules jugées malencontreuses et son rôle dans la défaite de 1870 face aux armées prussiennes. Mais Mac Mahon fut auparavant un militaire brillant qui s’illustra à Magenta comme à Solférino avec l’armée d’Italie puis en Algérie. De 1864 à 1870 il fut d’ailleurs gouverneur général d’Algérie. Le monde moderne n’accorde plus qu’une place réduite à ces faits d’arme lointains et le Gâtinais a largement oublié Mac Mahon que les historiens d’aujourd’hui citent rarement » (extraits du Gâtinais et ses racines-2008)

Les mots du Maréchal :

Mac Mahon est resté célèbre pour un certain nombre de déclarations, dites MacMahonneries, probablement pas toutes authentiques :

  • Lors de la guerre de Crimée qui oppose la France et le Royaume-Uni à la Russie, Mac Mahon prend la position de Malakoff. À un émissaire britannique qui le conjure de quitter la place, qu’il dit minée, Mac Mahon répond, inventant la formule : « J’y suis, j’y reste ». Il reste et ne saute pas.

  • En voyant des inondations qui frappèrent la ville de Moissac : « Que d’eau ! Que d’eau ! et encore on ne voit que le dessus»

  • « La fièvre typhoïde est une maladie terrible. Ou on en meurt, ou on en reste idiot. Et je sais de quoi je parle, je l’ai eue ».

  • Alors qu’il va passer en revue les élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, Mac Mahon est informé que le soldat le plus brillant de la promotion (Camille Mortenol) est noir de peau. À l’école militaire de Saint-Cyr le mot nègre est du reste utilisé depuis le XIXe siècle pour désigner le major, c’est-à-dire l’élève le plus brillant de la promotion. Arrivé devant lui, et alors qu’il est évidemment difficile de ne pas reconnaître le soldat, Mac Mahon lui demande : « Ah c’est vous le nègre ? ». Et, à court de mots, il ajoute : « Très bien, continuez ! ».

  • Invité à inaugurer une exposition de peinture, il dit à la personne qui l’accueille : « Je vous suis les yeux fermés ! »

On lui doit le mot célèbre : « La Légion est à Magenta : l’affaire est dans le sac. »

Mac Mahon, un Maréchal Président à Montcresson

Premier Président de la République, c’est dans le Loiret, à Montcresson, que Mac Mahon a terminé sa vie. Des batailles de Magenta et Sébastopol au Palais de l’Elysée, histoire d’un homme qui a marqué l’histoire.

Bravoure et mépris du danger. « J’y suis, j’y reste… » Voilà une formule, prononcée par Mac Mahon lors de la campagne de Crimée, le 6 septembre 1855, qui est restée célèbre dans notre histoire au même titre que le mot de Cambronne. Quelques années plus tard, en juin 1859, vainqueur des Autrichiens à la bataille de Magenta, Mac Mahon sera d’ailleurs fait Maréchal de France, duc de Magenta. Le début de la gloire pour le 16e enfant d’une famille qui en compta 17.

Un enfant qui, dès sa naissance avait déjà un point commun avec notre département puisque c’est au château de Sully non pas dans le Loiret mais en Saône-et- Loire qu’il vit le jour, en juin 1808. Irlandais par ses ancêtres, le jeune Mac Mahon destiné alors à une carrière ecclésiastique choisit finalement l’armée. Bien lui en prend car, de l’Algérie à Magenta en passant par la Crimée, il parvient à s’y illustrer de manière remarquable, se distinguant notamment par sa bravoure et son mépris du danger ce qui lui vaut donc de décrocher son bâton de Maréchal.

Le 1er Président de la République. Cependant, lors de la guerre de 1870, il est fait prisonnier après avoir été battu à Freschwiller et Sedan. Libéré l’année suivante, il est nommé par Thiers, commandant en chef de l’armée de Versailles. Mais, non content de mettre sa vie en péril sur les champs de bataille, Mac Mahon décide parallèlement, en 1856, de se lancer en politique. Monarchiste, il est malgré tout nommé sénateur par Napoléon III puis gouverneur de l’Algérie de 1864 à 1870. L’année 1873 est celle de la consécration, puisque l’assemblée nationale, après avoir contraint Thiers à la démission en votant un ordre du jour qui lui était hostile, élit Mac Mahon Président sans que celui-ci soit même véritablement candidat.

Grâce à la loi du Septennat votée en novembre 1873, il entame un mandat de sept ans et s’installe au Palais de l’Elysée en 1874. Avec lui et l’amendement Wallon, la présidence de la république est née et prend une valeur constitutionnelle. Président monarchiste et déjà obligé de cohabiter avec des majorités républicaines, Mac Mahon démissionne le 30 janvier 1879. Il achève alors paisiblement sa vie, partageant son temps entre son hôtel parisien et le château de La Forêt à Montcresson près de Montargis où il s’éteint le 10 octobre 1893, à la suite d’un refroidissement.

Mac Mahon en 4 dates 13 juin 1808 : naissance en Saône-et-Loire. 4 juin 1859 : victoire de Magenta. 24 mai 1873 : élu Président. 10 octobre 1893 : meurt dans son château du Loiret.

(article signé M.V. sur le site www.loiret.com )